Singapour, le pays qui a tué la rigolade, l'amusement, le fun, la flamme.

J'ai passé deux jours à Singapour pour raisons de visa cette semaine. Le retour à la civilisation a été rude. Le bruit, les métros, les gens avec des chaussures et des vêtements de bureau, la fole de la consommation, les prix, tout. J'ai aussi découvert ma première ville d'Asie qui ne ressemble en rien à ce que je connais d'autre de l'Asie. Avant ce petit voyage, ma seule expérience de Singapour était l'aéroport, bien classé sur ma liste personnelle des aéroports du monde. Mais cette fois, deux jours en ville. Tellement propre. Tellement lisse. Presque rien qui ne dépasse, rien qui ne marche pas, rien où on se dit "mais c'est quoi cette organisation de merde?". Non. Tout qui fonctionne comme sur des roulettes, tout à sa place, comme un coucou suisse. Les gens traversent quand le bonhomme est vert et attendent sagement leur tour pour monter dans le métro. Comment c'est possible ? Parce que Singapour, c'est le pays où la rigolade a une attaque cardiaque dès qu'elle passe la frontière.

Pour commencer, l'alcool est hors de prix. Se mettre une cuite avec les amis coûte un montant indécent, donc je suppose que les gens ne le font pas. Ou alors s'ils peuvent se le permettre ? De toute façon, tout rassemblement public de plus de 2 personnes est interdit après 22 heures. Donc bon, si vous sortez, vous pouvez seulement emmener un copain de toute façon. Les sex toys et les magazines avec des dames toutes nues sont classifiés comme "obscènes" et punissables de prison/amende. Je n'aborde même pas le sujet des drogues, qui peuvent mener à la taule, des coups de bâton (pas une blague) et la peine de mort. Le pays a l'une des lois les plus dures au monde à ce sujet.

Donc je récapitule : pas d'alcool sauf à être riche, pas de rigolade "obscène" au lit, pas de drogues.

Plein d'autres trucs sont punissables, j'ai découvert. Par exemple ne pas tirer la chasse des toilettes publiques (pas une blague non plus), cracher en public (bon OK vu le nombre de Chinois celle-là c'est pas mal), être tout nu si quelqu'un peut vous voir (même chez vous si vous avez mal fermé les rideaux), les feux d'artifices, fumer dans les zones non-fumeurs (c'est à dire partout en gros), etc. Il y a des panneaux partout qui vous informent gentimenet de l'amende que vous encourrez si vous vous écartez du droit chemin, pauvres malheureux. Par exemple manger ou boire dans le métro, 500 dollars. Oui, 500. Ca a l'air d'être un pays où on se marre, hein ?


Je ne sais pas trop ce qu'ils font à part les magasins. C'est la plus grosse concentrations de centres commerciaux ("malls") que j'ai vu de MA VIE, tout bien pensé pour pouvoir y passer la journée : à manger, des toilettes, des distractions, tout ce qu'il faut. A part ça, j'ai pas vu le soleil pendant 48 heures, tout recouvert qu'il était de brouillard de pollution. Bon y'a aussi des trucs bien, à commencer par la bouffe. Quand on habite dans un endroit où les variations se résument souvent à riz ou nouilles, arriver là et trouver de la cuisine indienne, chinoise, européenne, libanaise et j'en passe c'était le paradis. Le mélage des gens est agréable à voir, toutes les couleurs de peau de la plus claire à la plus foncée en passant par toutes les nuances possibles. La balade à Little India était un petit voyage en soi. Quelque part ça m'a un peu rappelé Londres. Et puis les gens sont petits en moyenne, et ça, ça me fait toujours plaisir, n'est-ce pas.


D'autres trucs : pas une seule piqûre de moustique, ils ont dû être éradiqués. La clim partout m'a littéralement déshydratée. Tout est cher. Mais bon, une bonne partie de la population est riche. Non pas que j'ai étudié les stats de revenus, j'ai regardé ce que je connais, à savoir les voitures dans la rue (oui on n'efface pas 10 ans comme ça). Toutes récentes, pas mal de japonaises, plutôt des grosses. Beaucoup d'allemandes, là aussi gros modèles, genre série 5 et classe E et supérieur. Et un nombre assez hallucinant de Porsche et de Maserati, rien que ça.


Jour 1 : je suis submergée par tout ça, j'arrive à 10h mais ne peut pas avoir les clés avant 15 heures donc j'essaye d'avancer ma liste de courses. Des malls tous les 10 mètres, tout ce qui n'est pas la rue est glacial grâce à la clim à fond les ballons et je passe toute la journée emmitouflée dans mon pull et mon écharpe. Le bruit, le trafic, les gens qui ne sourient pas et regardent tous leur téléphone dans le métro, ça ne me réjouit pas. Rien qui a l'air joli pour l'instant. Seule consolation : la nourriture. Super curry à Little India, des gâteaux, du bon café. Au bout de deux heures je veux rentrer à la maison. A la place, j'atterris dans une chambre qui ressemble à une cage à lapin avec un mini lit et juste la place pour ouvrir la porte. Evidemment j'ai cherché pas cher, mais bon tout de même 50$ la nuit hein...


Jour 2 : décidée à ne pas laisser Singapour gagner, je me dis que je vais bien trouver un truc qui va me réconcilier avec cette ville. Donc je fais ce que j'aime faire dans les villes que je ne connais pas, je monte dans un bus et en descend quand ça me paraît une bonne idée. Le matin, je vois de l'eau et hop je saute du bus, ça fait deux jours que je n'ai pas vu la mer. Mais l'eau ne sent pas la mer, elle sent la pollution et elle est toute grise. Sans savoir comment j'arrive dans le quartier des affaires pour le petit déj. A côté de moi, un couple de jeunes loups en cravate discutent de "grimper les échelons de la boite". C'est marrant moi aussi j'avais ces conversations il y a un an ou deux. Ca me paraît il y a environ une décennie.... Mes pas m'emmènent à Chinatown, qui ressemble à tous les Chinatown du monde : des échoppes de bouffe, des trucs pas cher en plastique et des signes en chinois. Ensuite, j'essaye de trouver le port de plaisance en suivant les signes...et c'est juste une petite allée entre l'eau et un autre énorme centre commercial. Je reviens lentement les deux heures suivantes à pied, un ou deux parcs sympas et c'est à peu près tout pour la jolie vue. Et encore des malls.


Bon vous avez deviné, j'ai pas adoré Singapour, loin de là. Il est sûr que passer 6 mois en Indonésie avant ce voyage dont la plupart à la plage loin de la civilisation ça n'aide sans doute pas. J'ai trouvé que ça n'avait aucun charme. Toutes les grandes villes sont bruyantes et fébriles, mais elles ont toute leur âme : l'énergie et la ligne d'horizon de NYC, les charmes et l'architecture de Paris, le bazar et les sourires de Bangkok, le mélange ancient/moderne de Tokyo...Singapour en deux jours ça m'a juste paru rasoir et tout gris. Je suis prête à reconsidérer, bien sûr. J'y repasse en septembre, toutes les adresses et suggestions sont les bienvenues ! Et pour conclure ce charmant voyage, mon avion a été retardé, j'ai raté le dernier bateau pour rentrer chez moi et je suis coincée à Bali pour une nuit de plus, boooouuuh !!!

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