Le VRAI élève à problème (chapitre 1)

October 6, 2013

Vous vous rappelez du premier, il y a quelques mois ?

En fait, c’était du gâteau. Parce que la semaine dernière, j’ai rencontré D.

L’univers aime bien se foutre un peu de votre tronche une fois de temps en temps. Donc je me dois de mentionner afin que tout le monde puisse rigoler un bon coup, que tout ceci s’est passé durant la première semaine de passer à plus d’un paquet de cigarettes par jour à rien du tout. Que dalle. Nada. Les substituts à la nicotine, c’est pas aussi bon, donc ça compte pas. Je crois bien que c’était le troisième jour. Probablement pour tester ma volonté ou quelque chose du genre.

 

 

Mais revenons à nos moutons : D. est un ami de l’un de nos stagiaires divemaster, et veut donc faire son cours d’Open Water avec nous. On me présente D. comme mon élève…et il s’avère assez vite qu’il ne parle pas vraiment anglais. Donc je décide d’utiliser son pote comme traducteur, parce que bon avant d’aller sous l’eau où on ne parle pas il faut quand même se causer un peu hein. Heureusement, D. a fait toute sa théorie en ligne donc je n’ai pas trop à m’en faire pour ça.

Premier jour, nous voilà donc dans la piscine. En général avec un élève, j’arrive à faire toute la piscine en 2 ou 3 heures selon comment ils sont à l’aise. Là, après 4 heures, on est loin d’avoir terminé. Un autre détail important étant que D. est vraiment enrobé, ce qui ne l’aide pas du tout quand il s’agit de flottabilité ou des exercices parce qu’il n’est ni très souple ni en super condition physique. A la louche il fait deux fois mon poids.

Bien sûr, il faut en plus du temps pour tout traduire, donc je ne m’étends pas sur les détails du genre « alors voilà le prochain exercice et c’est utile au cas où blabla » mais plutôt « voilà la suite et c’est comme ça qu’on fait, regarde ». Malgré tout, tous les trucs avec le masque prennent des heures et ne sont pas super au point, et malgré le fait qu’il sache nager il ne sait absolument pas se servir d’une paire de palmes. « Faire du vélo » comme on dit, juste en utilisant ses genoux pour bouger ses jambes dans tous les sens avec aucun autre effet que d’aller dans tous les sens mais pas en ligne droite horizontale. Après plus de 4 heures, il est crevé, je suis au bord de la crise de nerfs, et nous en restons là pour la journée. 

 

Jour deux, nous voilà en route pour affronter l'océan. Ce n'est pas du tout facile de savoir ce que pense quelqu'un quand on ne comprends pas un mot de ce qu'il raconte et vice-versa, donc je ne sais pas s'il est stressé, content, nerveux, etc. Son "traducteur" n'arrête pas de me dire qu'il va bien, donc on y va. 

Je crois que le mot "désastre" ne décrit pas vraiment tout à fait cette première plongée. Il n'arrive pas à palmer ou à rester au moins un peu horizontal, et c'est là que l'expression "sans dessus dessous" prend tout son sens. Je le tiens tout le temps pendant qu'il essaye soit de me démettre l'épaule en remontant ou de me noyer au fond de la mer grâce à son poids. Pour la première fois, je dois utiliser ma stab pour remonter quelqu'un de quelques mètres, parce que moi et mes petites jambes qui palment de toutes mes forces, eh ben ça suffit pas. Après 10 minutes je suis tentée de mettre fin à notre calvaire, sauf que la petite voix dans ma tête me dit "mais non enfin, une plongée de formation c'est au moins 20 minutes". Crotte. Temps de plongée : 21 minutes. J'ai vidé la moitié de ma bouteille just en essayant de le contrôler. On dirait bien que ça va pas marcher super, tout ça.

De retour sur le bateau, je ne sais pas trop ce qu'on peut lire sur ma figure mais j'ai le sentiment d'avoir assisté à un truc autrement plus dramatique que le dernier épisode de "Friends". Donc je demande à mon traducteur pour m'assurer que D. va bien, et il m'explique qu'il était "un peu nerveux mais il trouve que les poissons sont jolis". Je ne sais pas trop comment il a eu le temps d'y jeter un coup d'oeil alors qu'il était occupé à tenter de nous tuer tous les deux. Je lui rappelle donc avec tact qu'il y a des exercices à faire pour la deuxième plongée, il veut y aller. OK, on y va alors. 

 

 

 

Vu que rien ne pourrait être pire que cette première plongée, je vois une amélioration minuscule du fait qu'il essaye de se mettre en position horizontale. Bon c'est plutôt à 45 degrés, donc je lui prends physiquement les jambes pour les lever et les bouger pour lui montrer comment on palme, Et je le tiens encore la plupart du temps vu que mes explications sur la flottabilité n'ont apparemment pas été efficaces. Quelque part pendant cette plongée, pour la deuxième fois de ma vie (la première étant le jour où j'ai vu ma première raie manta), j'ai un peu pleuré sous mon masque (de frustration, ou de désespoir, ou les deux). A la fin de la plongée, je lui demande de se mettre à genoux dans 6 mètres d'eau pour faire les exercices. Ca va à peu jusqu'à ce qu'on arrive au masque qu'il faut remplir d'eau et vider. Il le remplit...et essaye de se barrer à la surface dans un accès de panique en me crachant son détendeur à la figure. Le tout doit durer cinq secondes pendant lesquelles je mets mes palmes sur ses genoux pour arrêter son échappée, je lui remets son détendeur en bouche et en m'arrochant à sa stab je me laisse tomber sur le dos pour faire contrepoids. Il finit par se calmer, on fait notre petit palier de sécurité et on remonte. Et il sourit en essayant de me dire que c'était sympa. VRAIMENT ???

 

A notre retour sur la terre ferme, je me demande comment je vais arriver à faire le reste de la piscine sans tenter de me suicider par noyade au fond de la dite piscine.

 

 

 

Alors, comment tout ceci va finir ? La suite bientôt....

  

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