Hate, hate, hate

January 9, 2015

Il y a quelques jours ici je parlais d'amour et du sentiment de barbe à papa. Ca a duré moins de trois semaines la barbe à papa, jusqu'au jour de Charlie Hebdo. Si j'avais été à l'autre bout du monde, cela aurait été tout aussi terrible et écoeurant et triste, mais en étant à Paris ça a été un de ces jours où l'on se souviendra toute la vie où l'on était et avec qui, l'un de ceux qu'on passe devant la télévision les yeux écarquillés en se demandant si on n'est pas en train de rêver.
Malheureusement, pas du tout.

C'était un jour de "c'est de la folie", "j'arrive pas à y croire", "mais qu'est-ce que c'est que ce monde de tarés dans lequel on vit".

Je ne vais pas mentir et dire que j'achetais Charlie Hebdo toutes les semaines, ça a dû arriver deux ou trois fois sur les 10 dernières années, quand la couverture me faisait rigoler. Est-ce que j'ai parfois pensé qu'ils allaient trop loin, que c'était un peu provocant ? Peut-être.

Mais rien ne justifie d'abattre des gens pour leurs opinions et quelques dessins satiriques, ici ou ailleurs (et pourtant ça arrive tout le temps, des gens qui meurent pour leurs opinions).

 

"L'union nationale" à laquelle ont appelés tous les politiques a duré à peine 24 heures, et puis le lendemain fleurissent déjà les commentaires nauséabonds, les actes isolés contre des lieux de culte, les réactions de tout bord : "ça c'est la conséquence de la politique d'immigration en France ces 20 dernières années", "ils devaient s'y attendre ils n'avaient qu'à pas publier ces dessins", "c'est pour ça qu'il faut rétablir la peine de mort". Des débats sans fin sur la marche prévue dimanche, des petites guerres politiques mesquines, des moqueries sur les forces de l'ordre.

Vraiment ? C'est vraiment le moment pour ça ? Rien ne justifie la peine de mort, comme rien ne justifie de tirer une balle dans la tête des gens pour des dessins à la con. Et oui, les flics ce ne sont pas toujours les gens les plus aimés, mais enfin certains sont morts, blessés, depuis 3 jours ils sont tous sur les dents et d'une certaine façon ils dénouent cette situation. D'une certaine façon. Le flot continu d'info continue toujours. On y pense toujours toute la journée. Ca se termine dans un bain de sang, un journaliste d'une chaîne d'info a dit tout à l'heure "un dénouement heureux" et j'ai cru qu'il blaguait, mais non.

 

Contrairement à plein de gens, j'aurais voulu qu'on les attrape vivants. J'aurais voulu qu'ils aient affaire à la justice, à un procès et qu'ils passent de longues années à pourrir en taule. (et puis le truc des vierges du paradis, franchement hein...)

J'ai dû virer quelques amis de Facebook qui ne sont plus mes amis. Il y a des limites à mon amitié, tout de même. Tout le monde peut s'exprimer librement (et c'est ce que je veux que chacun puisse faire) mais ça ne veut pas dire que je dois me farcir la connerie des autres. Je ne parle même pas de la thèse du complot qui fleurit déjà ici et là.

 

Mais tout ceci a été noyé dans l'élan gigantesque de tristesse, de soutien, de colère, d'indignation, de douleur, à travers le pays. Et d'une certaine façon, de fierté. Charlie Hebdo paraîtra la semaine prochaine, bravo. Les gens marchent dans la rue en ignorant la psychose ambiante et sourient aux policiers qui sont partout, les gens achètent le journal, les gens sont debout et disent "Je suis Charlie" avec fierté en ignorant les débats moisis et les commentaires provocants et les guerres de clochers ou en essayant d'apporter de la matière grise aux discussions.

 

Ces trois derniers jours, malgré l'horreur, il y a aussi des sourires. La veille je disais à des amis que j'étais toute "amour et joie" pour démarrer l'année, alors on a essayé de continuer avec l'amour et la joie. Je ne dis pas que c'est facile, la joie ces derniers jours c'était un peu une denrée rare, mais sortir et continuer avec sa vie de tous les jours alors qu'on pourrait rester scotchés devant la télé, on se dit aussi qu'on dit à notre façon à ces raclures de connards déments (et je reste polie) que la peur ne gagne pas.

 

Rigolons donc un peu des chinois pour conclure, ça changera :

 

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