Les lectures de l'hiver

February 28, 2015

La suite de mes aventures bientôt chers amis, en attendant voici de quoi lire d'autres aventures que les miennes. 

Comme je ne pouvais pas me dorer la couenne au bord de la piscine pendant les vacances (rapport que moi pour les vacances je viens me cailler les fesses en France, vous voyez le problème ?) j’ai donc eu le temps de bouquiner pas mal. Je vous livre donc la liste de lecture des vacances, ceux qui valent le coup bien sûr (mais pas que), les autres trucs plus insignifiants ayant atterri dans la pile des livres qui m’ont fait un peu perdre mon temps ou qui auraient pu servir de presse-papier (souvenez-vous, le bouquin de Valérie T.)…quoi que, avec le temps, je crois de plus en plus qu’on apprend aussi quelque chose des mauvais livres, mais je digresse.

 

“L’amour et les forêts” de Eric Reinhardt 

C'est assez curieux comme roman, il y a cette mise en scène de l'écrivain dans son propre roman qui est intéressante, puis une histoire qui devient de plus en plus sordide sans que l'on ne puisse rien y faire. Déroutant. C'est bien écrit, aussi. Rien à voir avec “Cendrillon” cependant, le roman précédent, qui était assez ébouriffant. L'intelligence de ce récit c’est de commencer avec un truc qui semble un peu anecdotique et à partir de là dérouler le fil d’une histoire qui va nous emmener dans l’intimité de son personnage et va vous faire grincer des dents tellement c'est pas marrant. Une bonne lecture.

 

“Vernon Subutex”, de Virginie Despentes

Je ne m'attendais pas à trouver ça aussi réussi. L’intrigue pour résumer, c’est un type, disquaire, la cinquantaine, qui se retrouve à la rue et fait le tour de ses amis plus ou moins anciens pour se faire héberger, ce qui permet de dérouler tranquillement un joli fil de personnages qui se croisent et se décroisent. Il y a une justesse dans certains portraits, un espèce d'instantané d'une partie de la société qui fait froid dans le dos. Ce style que je trouvais souvent vraiment "trop" (rentre-dans, vulgaire, brut, pas réfléchi) s’est un peu adouci et s’en trouve à mon goût grandement amélioré, à certains endroits la langue sert admirablement le propos, c'est tellement d'actualité que ça en devient évident. Non vraiment, je ne m'attendais pas à ça, c’était bien mieux que ce que j’escomptais.

 

“L’aménagement du territoire”,  d’Aurélien Bellanger

Je ne l’ai pas terminé (il doit manquer une cinquantaine de pages), je ne sais pas si je le ferais et entre temps j’ai lu trois autres bouquins, c’est mauvais signe pour toi Aurélien…Il y a une histoire ténue comme un fil derrière toutes ces pages de texte, et ce gentil Aurélien (y’a sa photo sur la couv’ de la rentrée littéraire, en plus il n’est pas villain, il est même sans doute sympathique) en profite pour nous coller des listes descriptives très détaillées de tout un tas de trucs qui à son sens doivent servir son propos mais dont le lecteur se fout comme de sa première chemise, genre l’histoire du TGV ou de la Marche de Bretagne. Enorme galerie de personnages, certains ont l’air intéressants mais comme il y en a trop on n’a pas vraiment le temps de les connaître. Ce n’est pas mal écrit mais ça ne donne pas non plus envie de déclamer des vers à l’aube grâce au souffle lyrique d’Aurélien. Là où je l'ai laissé, son histoire, ça partait dans tous les sens avec un complot millénaire (ça une bonne vieille théorie du complot ça fait toujours son effet) et un truc qui s'essouflait sans aller nulle part. Bref, je suis contente qu’Aurélien ait eu le Prix de Flore avec ce bouquin mais je me demande bien pourquoi. Ce qui prouve une fois de plus que ce n’est pas en achetant un livre barré d’un bandeau rouge que vous aurez un émoi littéraire, et inversement.

Regardez Aurélien a écrit tellement de pages qu'il n'a pas eu le temps de se raser...(ouh que je suis moqueuse)

 

“Sur les traces de George Orwell en Birmanie” de Emma Larkin

Je l'ai lu en anglais donc je ne me porte pas garante de la qualité de la version française. Ca c’était tout à fait passionnant. On apprend que George Orwell (l’écrivain anglais à qui l’on doit notamment “1984”, excellent roman que vous devriez lire si ce n’est déjà fait) a vécu en Birmanie comme officier de l’armée britannique, qui a l’époque avait colonisé la Birmanie (ou le Myanmar comme on doit l’appeler maintenant). L’auteure ayant étudié le birman ce qui facilite la communication avec les natifs de Birmanie, n'est-ce pas, part sur les traces de George et visite tous les lieux où il a résidé, tout en livrant une esquisse fine et très intéressante de la société birmane dans les années 2000 : le régime totalitaire omniprésent, la censure de la presse, l’impossibilité d’étudier normalement, l’opression, etc. Et surtout elle relie ceci finement aux oeuvres d’Orwell, notamment “1984”, écrit bien après qu’Orwell ait quitté le pays mais avant que la dictature militaire ne prenne le pouvoir (et nous rappelle par la même occasion que c’est toujours le régime en place malgré l’ouverture au tourisme). Enfin le livre mêle des récits de rencontre, un peu d’histoire de la Birmanie, des extraits des livres d’Orwell, c’est très bien fait, parfaitement digeste et vraiment intéressant, un peu comme un carnet de voyage amélioré par de la littérature. Bref, je vous le conseille vivement.

 

La suite au prochain numéro...  

 

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